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Intervenants

MICHEL FAUBERT
Conteur

Investi du désir de transmettre à tout prix non seulement des histoires qui appartiennent à la tradition, mais aussi des créations personnelles, il est reconnu comme une des figures majeures de notre époque dans l’univers du conte… Une passion issue de l’enfance qui a tracé sa voie. Membre du groupe a capella Les Charbonniers de l’enfer, il mène une double carrière avec succès. En 1993, on l’invite au Festival des Arts du Récit en Isère, à Grenoble. Suite à cet événement, les invitations se succèdent en France, en Belgique et en Suisse. C’est le début d’une carrière européenne. Récipiendaire de la médaille d’or aux Jeux de la Francophonie à Madagascar en 1998, l’ADISQ lui décerne en 2000 le Félix du Scripteur de l’année pour son spectacle « L’Âme qui sortait par la bouche du dormeur ».

Suite à plusieurs échanges avec la réalisatrice sur sa conception de la mort, il est apparu évident qu’il fallait dans le film un défenseur de la mort, un porte-parole pour cette sombre figure que nous fuyons sans cesse. Amusé et troublé, Michel Faubert a accompli cette mission avec talent dans la création du spectacle « La mort dans tous ses états ».

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Dr YVES QUENNEVILLE

Médecin psychiatre en oncologie depuis 32 ans

Il a cofondé en 1979 l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Notre-Dame. Tel un sapeur-pompier avec le feu, il s’approche de la mort en espérant ne pas se faire attraper. Certains de ses patients sont morts dans ses bras. Selon lui, il y a des gens qui structurellement sont faits de telle sorte qu’ils peuvent bien accepter la mort et d’autres pour qui c’est impossible. Son discours ne prône pas la nécessité d’avoir une belle mort, une nouvelle tendance à la mode…

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BERNARD CRETTAZ

Sociologue, ethnologue, une sommité en Suisse

Lié à la mort dès son enfance par des rituels traditionnels familiaux, Bernard Crettaz construit sa vie avec elle. Il rencontre celle qui va devenir sa femme en lui faisant visiter le tonneau d’enterrement dans la cave de ses parents. Il s’agit d’une tradition où les jeunes mariés entretenaient un tonneau de vin et du fromage qui vieillissaient en même temps qu’eux et qui servaient de repas funéraire à leur mort. Depuis 2004, il crée et anime une trentaine de « Cafés mortels » en Suisse, en Belgique et en France : un autre espace pour parler de la mort. Le Café mortel vient de la proposition de parler de la mort au bistrot. Le principe est simple : on se réunit autour d'un verre et de quelques « grignoteries » et chacun peut s'exprimer sur la vie, sur la mort, sur le deuil, sur sa propre mort, sur celle d'un proche, d'un enfant, d'un parent, d'un conjoint, d'un animal de compagnie, d'un objet, d'une illusion, etc. On y parlera sans doute aussi d'espoir et d'art de vivre ou de mourir... bref, de tout ce qui touche à l'expérience de chacun.

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GISÈLE LABERGE

Bouddhiste et professeure de philosophie à la retraite

Tôt dans l’enfance, Gisèle Laberge a été touchée par l’évidente et incontournable réalité de la mort. Ce choc a déclenché au coeur de sa vie une démarche de réflexion sur la nature de la vie et sur son  sens. C’est le début d’une quête qui va guider  tous ces choix de vie.

Au moment de sa retraite, elle crée  l’atelier «  une année à vivre » Pour intégrer la conscience de la mort, les participants font comme si cette année était leur dernière.  Bien approcher la réalité de la mort éveille le courage de vivre avec le coeur ouvert. D'inspiration bouddhiste, la démarche générale est basée sur la méditation et la contemplation. Cela dit, dans le cas de l’atelier, l’approche est non dogmatique. Des personnes de diverses confessions ou sans appartenance religieuse, peuvent s’y sentir à l’aise, respectées dans la parole qui leur est propre.  Parallèlement aux ateliers, chaque automne elle offre une série de cours sur « Le livre des morts tibétain », au Centre Shambhala de Montréal.

 Son cheminement  la aussi conduite à faire occasionnellement  de l’accompagnement de fin de vie particulièrement auprès d’enfants et de jeunes adultes.

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LE PÈRE JEAN PATRY

Ex-aumônier à la « prison de Bordeaux »

Aujourd’hui retraité, le Père Jean a travaillé 38 ans à la « prison de Bordeaux ». Son humanité et son grand sens de l’humour ont été ses meilleurs alliés pendant toutes ces années avec les détenus. À l’époque où la peine de mort était encore en vigueur, il a été un fidèle accompagnateur de ces hommes brisés. Pour le Père Jean, accompagner des mourants c’est aussi, d’une manière plus personnelle, côtoyer le mystère… Un mystère insondable qui est à la fois fascinant et inquiétant, peut-être aussi par moments à la limite du supportable, selon les périodes de sa vie. C’est un être inquiet qui rassure les autres. Ses homélies recherchées et complimentées ont été inspirées parfois d’un intense tumulte intérieur. Il a écrit des choses qu’il aurait aimer croire. S’arrimer à sa foi à été pour lui un acte de courage par moment…

 

FRANÇOISE MOQUIN [1952 – 2008]

Infirmière de formation, accompagnatrice de personnes en fin de vie

Plusieurs années de travail auprès de personnes en fin de vie et en grand bouleversement l'ont amenée à développer une expertise dans l'accompagnement. Françoise se disait avant tout une « sage-femme de la mort ». Elle enseignait aux mourants la manière de respirer pour faciliter le moment de la mort. « Être au passage de la vie », qu'elle a coécrit avec Michèle Blanchard, relate le quotidien des personnes vivant avec le sida et leurs accompagnateurs. Au moment du tournage, Françoise s’est retrouvée aux prises avec un cancer agressif. Dans le film, on la voit ébranlée, cherchant à l’intérieur d’elle-même des points de repère dans le silence de sa chambre.

 

MICHEL DORÉ [1941 – 2011]

Sociologue

Athée depuis l’âge de 15 ans, divorcé, père d’un enfant, Michel Doré profite de la vie avec intensité parce que, selon lui, après c’est le vide… Aucun Dieu… Aucune retrouvaille avec des personnes aimées. Aussi bien en profiter maintenant. Malgré cette certitude apparente, il continue de s’interroger, entre autres, sur la manière dont les philosophes vivent et analysent le phénomène de la mort. Il semble être un homme confortable avec l’idée de la mort. Son discours très bien articulé sur les religions m’a ébranlée, de même que toutes ces théories scientifiques qui, selon lui, démontrent l’absence de toute vie après la mort, même énergétique.

 

LE PÈRE BENOÎT LACROIX

Père dominicain, historien, philosophe, accompagnateur de fin de vie

Le Père Benoît Lacroix, qui célébrait ses 96 ans en septembre 2011, sait très bien qu’il est de plus en plus près d’arriver au bout de sa vie. Il a accompagné un grand nombre de mourants et il croit que l’on aborde l’heure de la mort comme nos parents l'ont fait. Selon lui, c’est un héritage de génération. C’est un homme riche d’expériences de vie et de connaissances. Il semble être très solide dans sa foi, tout en ayant une ouverture très grande aux autres religions et aux autres formes de croyances.

 

FLEET MAULL

Ex-détenu, bouddhiste, accompagnateur de fin de vie

En décembre 1985, Fleet Maull est incarcéré pour trafic de drogue. Il restera en prison de 1987 à 1999. Durant son incarcération, il participe au lancement du premier programme d'hospice dans un établissement correctionnel. En tant que bénévole, il fut soignant pendant 11 ans au Centre médical américain pour les Prisonniers de Springfield, dans le Missouri. Ce programme formait tout à la fois le personnel et des détenus à prodiguer avec compassion des soins palliatifs aux
personnes incarcérées en fin de vie.

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HORTA VAN HOYE

Artiste en arts visuels, sculpteure

Petite bonne femme à l’oeil vif, de nationalité belge, une artiste remarquable qui a su au cours des années attirer les publics les plus variés dans son univers fabuleux... Créations théâtrales jouées internationalement, expositions et collections en Europe, en Australie et au Canada. « Disciple des plus grands maîtres, Michel-Ange et Bracchetti, Brueghel et Fellini, son génie appartient aux espaces sacrés, au-delà de l’espace et du temps. Elle vit dans un monde de papier, entourée de créatures qui naissent et meurent de ses mains miraculeuses ».

La mort fait partie de sa vie depuis son plus jeune âge. Elle a connu les expositions funéraires à la maison. Alors que sa tante prépare le lit mortuaire, elle tient sa grand mère sur son épaule. Un peu plus tard, portée par une amitié peu commune, elle fait le masque mortuaire d’une amie…

C’est par le biais de son art que l’évocation de la mort va s’incarner avec un personnage de papier, une matière aussi éphémère que la vie. Sur fond blanc, un énorme rouleau de papier se déroule lentement devant la caméra, le cordon ombilical. Une main froisse le papier. Un visage apparaît… Puis soudain le papier se déploie…

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ELIZABETH KNOX

Le rituel de la toilette funéraire

Mère de famille rescapée du deuil douloureux de sa petite fille de sept ans, elle recrée le rituel de la toilette funéraire dans le cadre d’un atelier. Elle transmet ces derniers gestes d’amour et de respect qui relient le vivant et le mort, investie de sa propre histoire. Un moment imprégné d’une grande beauté. Elle préconise de faire soi-même la toilette funéraire des défunts, non seulement pour le respect du au corps de l’être aimé, mais parce que c’est une très bonne façon d’entrer soi-même dans la réalité de la mort et de poser les premiers jalons du deuil.

 

ANDRÉ MELLY

Le rituel du tonneau d’enterrement

Sexagénaire bon vivant, André Melly est un fervent pratiquant du tonneau d’enterrement. Il s’agit d’une tradition où les jeunes mariés entretenaient un tonneau de vin et du fromage qui vieillissaient en même temps qu’eux et qui servaient de repas funéraire à leur mort. Selon lui, la mort est une étape qui mérite d’être démystifiée dès le plus jeune âge. Il vient régulièrement avec son petit fils Célien, qui compte bien reprendre la cave de son grand-père un jour.