• Partager:

Partager cette page

Un commentaire

Pierrot, je t’aime.

 

Un appel téléphonique qu’on ne peut oublier.

- Allô Violette, ça y est, il s’en va.

Ce jour-là, le taxi ne roule  pas assez vite. J’ai le cœur qui  cogne si fort dans ma poitrine. Je n’entends plus rien d’autre. Tout mon corps est en état d’alerte. Rendue sur place, j’enjambe les marches deux par deux, trois par trois, je ne sais plus,  à bout de souffle j’arrive enfin dans sa chambre. Il est vivant…

Après une année de turbulence extrême… à le soutenir, à me faire  croire qu’il allait  s’en sortir, à cacher mes larmes devant lui et à m’effondrer en criant de colère dans ma chambre, j’ai dû lâcher prise.

En l’espace d’un an, je suis passée du «  non «  je ne veux pas qu’il meure… à je veux absolument être  présente au moment de sa mort. Le dernier rendez-vous. Cette partie était non négociable, mais je ne lui ai  jamais dit.

Cet homme qui aimait tant  faire rire, a continué autant qu’il a pu, à faire le bouffon,  mais  son regard reflétait par moments des états d’âmes bien différents.

Je ne savais pas comment dire à mon grand frère à quel point je l’aimais.   À son anniversaire cette année là, un jour de répit où nous étions tous au restaurant  je lui ai donné une de mes aquarelles  avec l’inscription  «  le plus beau cadeau que tu m’as fait Pierre c’est d’être mon frère. » C’est la dernière fois ou nous avons dansé un Rock’n roll ensemble,  pas très endiablé, mais combien touchant. Pierrot le généreux. Je t’aime…

Je n‘ose plus sortir de la chambre. Pas question de bouffe, ni de pipi room. J’écoute sa respiration à peine perceptible. II s’éloigne.

Soudain, la voix de Marie  Pierre, la nièce de Pierre  brise le silence

- Tu peux y aller , c’est beau, vas-y…

En levant les yeux vers mon frère,  je vois la main de Marie Pierre qui lui caresse le front et je m’aperçois que l’artère du cœur a cessé de battre… Paniquée, je lui prends la main et j’éclate en sanglots… À cet instant, un événement  incroyable se produit,  son coeur recommence à battre…Pierrot le généreux.

Quel cadeau ! La voix tremblante, j’accepte qu’il parte… Cette fois son cœur s’arrête définitivement.

En y repensant aujourd’hui, je me dis   que c’était sa manière de me dire qu’il m’aimait, même de l’autre côté de la vie…

 

  1. Juste pour vous dire à quel point j’ai été émue de lire vos mots…
    Mon frère David est parti brutalement le 02 février dernier, à 44 ans.
    Je n’ai pas pu lui dire au revoir, pas pu le serrer contre moi, pas pu lui dire combien je l’aime, pas pu….. rien…
    Et là, je ne peux plus rien
    Merci pour ce blog

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>